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Article abonnés Les parents et la grand-mère paternelle du petit Killian font face à la justice depuis lundi, à Mont-de-Marsan.

Sept jurés ont été réunis lundi matin par la cour criminelle landaise pour tenter, avec l'aide de 18 témoins et de dix experts, d'éclairer les sombres circonstances de la mort de Killian, le 27 avril 2010, à Mont-de-Marsan. Quelques éléments ont été apportés sur l'état de la victime, décédée avant d'avoir 5 ans. Sa très forte dénutrition. Ses lésions multiples. Ses vêtements souillés et les traces de sang et de cheveux arrachés dans le lit…

 

Il a également été fait état d'une version concertée, incompatible avec l'enquête. Il a été question des désaccords et oppositions. Mais c'est surtout la rencontre avec les trois accusés qui a marqué la journée.

« Pas la chair de ma chair »

La grand-mère paternelle de Killian (son fils n'est pas le père biologique, mais il a reconnu l'enfant) est apparue assez décontractée, parfois souriante, donnant l'image d'une grand-mère aimante. À 67 ans, la cliente de Me Gil Serizier est poursuivie pour des violences volontaires. Elle encourt cinq ans d'emprisonnement. Mais elle avance sereinement.

Elle évoque « un enfant très affectueux, avec du caractère mais qui était adorable ». « Il aimait tout le monde », relève-t-elle. Elle promet n'avoir jamais fait de différence entre lui et ses quatre sœurs. Interrogé par les enquêteurs, elle répondait pourtant « ce n'est pas mon petit-fils ». Elle en a 31, sans compter celui-ci, qu'elle est accusée par la mère de traiter de « bâtard ». « Ce n'est pas la chair de ma chair. On les aime quand même, mais pas pareil », confirme-t-elle hier.

Apparaît ensuite David Barri, 32 ans. Comme Karine Flores, la mère de l'enfant, les violences ayant entraîné la mort du petit sans intention de la donner lui font risquer jusqu'à trente ans de réclusion, après avoir déjà été placés un an en détention provisoire. Le poignet de la main qui tient le micro tremble. Les ongles de l'autre tapotent nerveusement la table du box. Bien aidé par ses avocats, Mes Dutin et Dulhoste, il entre en balbutiant dans le rôle de l'homme soumis.

Celui qui a quitté l'école en troisième et à qui il est arrivé de frapper sa compagne, et son fils, se dit « calme », « influençable », « vulnérable », fainéant aussi (« pas le courage de me lever le matin pour aller travailler »). Il explique aux jurés qu'il jouait avec Killian. « Je n'ai jamais rien fait avec lui », livrait-il pourtant lors des interrogatoires.

« L'erreur de le récupérer »

Troisième à se lever, Karine Flores, 31 ans, rapporte en pleurs une enfance marquée par des violences et des viols. Elle dévoile une vie marquée par des unions destructrices. Avec le père de Killian. Puis avec un homme avec qui elle contracta un mariage blanc. Lors de sa rencontre avec David Barri, Killian était hospitalisé. « Vouloir récupérer mon fils (après trois ans de suivi médical à Montpribat, NDLR) a été une erreur de ma part », lâche-t-elle en larmes. Déjà débordée par quatre enfants qu'elle « n'arrivait pas à gérer » (elle en a refait deux depuis, David Barri a eu une fille), la jeune maman immature et impulsive, voire agressive, confesse six ans plus tard ne jamais avoir bien accepté le syndrome génétique de Di George dont souffrait son fils. Le délaissait-elle pour autant ? « Je préférais m'occuper du ménage… », répond la cliente de Me Pierre-Bernard Ducamp.

Verdict lundi soir.

Journal Le Sud-Ouest 4 octobre 2010

illustration - archives Pascal Bats

Les deux parents et la grand-mère paternelle de l’enfant, mort avant d’avoir 5 ans en avril 2010 à Mont-de-Marsan, sont depuis ce lundi matin dans le box des accusés

Le procès qui entoure la mort de Killian, un enfant décédé au domicile familial à l'âge de 4 ans et 11 mois, le 27 avril 2010, à Mont-de-Marsan, a débuté ce lundi matin au tribunal de grande instance montois. Sept jurés ont été réunis par la cour criminelle landaise pour tenter, avec l'aide de 18 témoins et de 10 experts (pour l'essentiel des médecins), d'éclairer les sombres circonstances de cette mort bien trop précoce, avec un enfant frappé d'une très forte dénutrition, dans un état épouvantable et marqué par de nombreuses lésions.

 

La vie du petit Killian avait mal débuté. Né avec une malformation cardiaque et pulmonaire assortie du syndrôme génétique de Di George, il avait très vite été placé au centre infantile spécialisé de Montpribat, à Montfort-en-Chalosse. Son état de santé avait autorisé un retour à la maison avant l'âge de 3 ans. Mais un suivi médical strict s'imposait.

Coups, punitions, privations

La suite s'est opérée dans l'intimité familiale, sous l'autorité d'un père, d'une mère et d'une grand-mère paternelle décrits dans l'ordonnance de renvoi comme plus sévères à son encontre qu'avec les quatre autres enfants de la fratrie. Il est question de punitions, de coups et de privations de nourriture, car il "mangeait trop lentement".

Des signalements ont bien été faits mais toutes les alertes sont restés sans effet. Plus perturbant encore, les médecins légistes, lors de l'autopsie, ont identifié une forte dose d'Antarax, un anxiolytique.

Au centre de ces débats prévus sur six jours, la mère de Killian et son père (non biologique, mais qui avait reconnu l'enfant) encourent chacun trente ans de réclusion criminelle pour violences volontaires habituelles ayant entraîné la mort sans intention de la donner, par personne ayant autorité. La grand-mère paternelle, assise entre les deux sur le banc des accusés, est quant à elle passible de cinq ans d'emprisonnement, pour violences par ascendant.

"Là pour représenter l'enfant"

Face à eux, deux institutions se sont porté parties civiles. Premier par ordre d'apparition, le Conseil départemental défendra plus particulièrement les droits des quatre sœurs de la victime, aujourd'hui sous la responsabilité de la collectivité landaise. Vient ensuite l'association spécialisée dans la défense des droits de l'enfant, La Mouette.

"Nous sommes présents pour représenter cet enfant qui allait avoir cinq ans. Si nous ne le faisions pas il n'y aurait personne pour faire entendre sa voix. Or nous pensons que c'est important", témoignait à midi sa présidente Annie Gourgue.

Journal Sud-Ouest du 03/10/2014

Une salle Mélanie, pour l'audition filmée des enfants victimes d'agressions sexuelles, est ouverte à la compagnie de gendarmerie d'Arcachon

 

La présidente de l'association La Mouette, Annie Gourgue, a inauguré,lundi soir, la salle Mélanie ouverte à la compagnie de gendarmerie d'Arcachon.

 
Annie Gourgue présente la salle Mélanie au député maire d'Arcachon et au commandant de région de gendarmerie ©
Bernadette Dubourg
 

Cette salle aménagée pour l'audition filmée des enfants victimes d'agressions sexuelles, est la première en Gironde (une salle existe aussi à la brigade de prévention de la délinquance juvénile, au Groupement), et la 15e ouverte grâce à l'association La Mouette, notamment en Lot-et-Garonne et en Dordogne. 

Cette salle est équipée de mobiliers et d'objets de nature à mettre l'enfant en confiance et lui permettre d'exprimer le mieux possible les faits dont il a été victime. Elle a été financée par l'association la Mouette, via les dommages et intérêts qu'elle obtient lors de procès et avec un don du club Inner Wheel.

Deux enquêteurs de la brigade des recherches d'Arcachon ont reçu une formation spécifique pour l'audition de ces enfants. L'audition filmée est transmise au juge et peut-être diffusée lors du procès.

L'inauguration s'est déroulée en présence du commandant de la région gendarmerie, le général de division François Gieré, le commandant du groupement de Gironde, le colonel Jean-Christophe Sintive, le commandant de la compagnie d'Arcachon, le chef d'escadron Patrice Redon, et le député maire (LR) d'Arcachon, Yves Foulon.

Journal Sud Ouest Publié

 

Les tortionnaires présumés, les parents et la grand-mère du garçonnet comparaissent depuis ce lundi matin devant le Tribunal de Grande Instance des Landes. En Avril 2010 à Mont-de-Marsan, le corps de l'enfant avait été découvert sans vie, très amaigri et portant de nombreuses traces de coups.

  • Par Hélène Chauwin
  • Publié le , mis à jour le
 
 
 

6 ans après sa mort de Killian, les parents et sa grand-mère comparaissent depuis ce matin devant le Tribunal de Grande Instance des Landes. En Avril 2010 à Mont-de-Marsan, le corps de l'enfant avait été découvert sans vie, très amaigri et portant de nombreuses traces de coups.  -  Ludivine Tachon et Jean-Yves Pautrat

 
Quand le corps du petit Killian est retrouvé sans vie, il est sale et amaigri. A 4 ans et demi, l'enfant ne pesait que 10 kilos. Polyhandicapé, il avait été placé ses trois premières années dans un établissement médicalisé. Sa mère Karine décide ensuite de le réintégrer au domicile familial. 

Commence alors l'enfer pour ce garçon qui ne parle pas, raconte Christine Maze, Avocate de l'association La Mouette, partie civile :  

"On ne lui donne pas à manger. On, lui retire la nourriture. Ce sont les coups qui sont quotidiens. C'est l'enfermement dans sa chambre, dans les toilettes.



Aux questions qu'on pose à la mère Karine, battue et violée par son père, plus de silences que de réponses. 

David, le père qui a reconnu Killian quand il a emménagé avec Karine, il ne nie pas "un comportement inapproprié" vis-à-vis de son fils explique Maître Frédéric Dutin, Avocat du père de Killian, mais quelle est réellement sa part d'initiative

Les débats vont durer six jours. Une dizaine d'experts va se succéder pour tenter d'établir les causes de la mort de Killian.

Ses deux parents encourent la réclusion à perpétuité.

Journal 3 Aquitaine publié le 3/10/2014

 


Le procès va durer 6 jours (cliquer pour voir la vidéo)
 

Le petit garçon est mort au domicile familial dénutri et couvert de coups.  -  franceinfo  

-  L. Tachon / J.Y. Pautrat

Mélanie est le prénom de la 1ère petite fille à avoir été entendue dans un de ces espaces, appelés aujourd'hui "salles Mélanie". Le commissariat de Bergerac est le seul en France à en bénéficier. La gendarmerie de la ville en est, elle, dotée depuis 2 ans. 

 


Un espace spécialement conçu pour entendre les enfants victimes de violences

La gendarmerie de Bergerac et le commissariat de la ville sont dotées de salles aménagées avec des jouets, ce qu'il faut pour dessiner, des fauteuils et un canapé pour entendre les enfants victimes. Un espace financé par l'association "La Mouette" qui permet de libérer plus facilement la parole

 

Un enfant victime de violence doit obligatoirement être entendu par la police ou la gendarmerie.

Une expérience douloureuse, le mineur doit raconter ce qu'il a vécu, assis devant un bureau, une webcam face à lui, pas facile.

C'est pourquoi l'association La Mouette qui défend et soutien les enfants victimes, a proposé d'installer dans les gendarmeries et commissariats de France ces salles adaptées aux mineurs, moins traumatisantes.

 

L'association finance le matériel : fauteuils, canapés, jouets, feutres .... 17 gendarmeries et un hôtel de police en sont équipés pour l'instant, dont deux à Bergerac.

 

"Au niveau des révélations des enfants c'est quand même beaucoup plus facile"témoigne Cécile Capelier, adjudante à la brigade de gendarmerie de Bergerac, où une salle Mélanie est ouverte depuis deux ans. "L'enfant peut bouger dans la salle, jouer, faire ce qu'il veut. Sa parole se libère plus facilement".

 

"C'est important pour l'enfant parce qu'il ne va parler une seule fois" ajoute Annie Gourgue, la présidente de l'association La Mouette venue inaugurer une deuxième salle Mélanie à Bergerac, à l'hôtel de police cette fois. "Quand il vient en salle Mélanie il est auditionné, une caméra discrète fixée au plafond enregistre, et la bande est envoyée à la justice. Normalement on ne doit ensuite plus entendre cet enfant".

 

Source FR3 Aquitaine par CA.

 

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