Les proches et la famille de la petite Marion Wagon espèrent toujours, 20 ans après, qu'un nouvel élément permette de faire avancer l'enquête. AF

Une centaine de personnes ont marché dans les rues d’Agen lundi, vingt ans jour pour jour après la disparition de Marion Wagon, une fillette de 10 ans qui avait disparu sans laisser de traces à la sortie de son école.

«On est là aujourd’hui pour dire à Marion : Agen ne t’oublie pas. Pour dire aux parents de Marion que nous sommes plus que les autres jours en pensée de communion avec eux, et pour dire plus jamais ça», a déclaré devant l’école Annie Gourgue, la présidente de l’association de protection de l’enfance maltraitée La Mouette, qui s’était fortement mobilisée après la disparition de la fillette.

Disparue entre l'école et sa maison

Le 14 novembre 1996, Marion Wagon avait disparu sans laisser de traces entre l’école et son domicile, situé à 400 mètres, où elle devait rentrer déjeuner. La justice continue ses investigations sur une disparition qui avait suscité de vastes campagnes d’appels à témoins et ému la France entière, jusqu’à l’Elysée.

"Si quelqu'un sait..."

«Si quelqu’un sait, qui n’a pas voulu, qui a eu peur, qui n’a pas osé dire, qui a protégé... 20 ans après ce n’est pas trop tard! 20 ans après, les parents de Marion n’attendent que cela, nous, nous n’attendons que cela», a lancé Mme Gourgue.

«Avec (le dispositif) Alerte enlèvement, on a quand même retrouvé 13 enfants, et je pense que si on avait eu tous ces moyens lorsque Marion a disparu, certainement on saurait quelque chose. On n’avait pas de fichier génétique à l’époque», a rappelé la présidente de La Mouette.

      14 nov 13:41

Disparition de Marion Wagon : 20 ans après, trois gendarmes mènent toujours les investigations

 
FAIT DIVERS - Marion Wagon, 10 ans, a disparu le 14 novembre 1996 à la sortie de l'école à Agen (Lot-et-Garonne). Vingt ans plus tard, la "cellule Marion" reste activée, avec trois enquêteurs menant les investigations. Retour sur cette affaire jamais élucidée.

 

14 novembre 1996 vers midi : la fillette disparaît en revenant de l'école

Marion Wagon a quitté l’école le 14 novembre 1996 vers midi. La petite fille de 10 ans, cheveux blonds, yeux bleus, devait regagner son domicile d’Agen (Lot-et-Garonne) à 400 mètres de là. Elle n’est jamais rentrée chez elle. Un chien policier perd sa trace à 50 mètres de chez elle, laissant supposer qu'elle est montée dans un véhicule...

 

 

 

Des milliers de témoignages du monde entier

Comme pour chaque disparition d’enfant, les gendarmes ont recueilli au fil des ans des milliers de témoignages.  Ceux-ci sont arrivés du monde entier, conduisant les enquêteurs à mener des investigations aux quatre coins du monde : Nouvelle-Calédonie, Espagne, Pologne et Martinique... Partout où la fillette aurait été vue. Ses parents (photos ci-dessus et ci-dessous) n'ont jamais perdu espoir. En 1997, déjà, ils demandaient de ne pas "abandonner" Marion. 

 

 
 

 

La "cellule Marion" toujours activée

Malgré les efforts de tous et la diffusion en 1998 d'un portrait scientifiquement vieilli de la fillette, aucune piste sérieuse n'a pu être retenue jusque-là. 

 

 

 

Toutefois, 20 ans après la disparition de la fillette, qui aurait aujourd’hui 30 ans, Manuella Garnier,  Procureur de la République à Agen, assure que" toutes les pistes, même les plus ténues, continuent d'être exploitées sans relâche".  À la Section de recherches de la gendarmerie, la cellule "Marion" reste activée, avec trois enquêteurs affectés au dossier, contre une quarantaine au plus fort de l'enquête.  

"Il ne se passe pas un trimestre sans que des actes d'enquête ne soient ordonnés", insiste le procureur. Elle rappelle que "chaque acte d'instruction interrompt la prescription de l'action publique pour une nouvelle durée de dix ans". 

La Mouette, une association particulièrement mobilisée

L’association locale La Mouette, fondée en 1984 après la disparition et l'assassinat de Magali Forabosco, âgée de 7 ans, à Colayrac (Lot-et-Garonne), mène également un combat pour retrouver la petite Marion. Ce lundi d'ailleurs, La Mouette organisait à midi un rassemblement à Agen, suivi d'une marche silencieuse : "C'est pour dire à Marion 'On ne t'oublie pas', mais c'est aussi un message de solidarité pour les parents, même s'ils n'y participeront pas", indique sa présidente Annie Gourgue. 

 

 Une affiche sur 10 millions de packs

"Nous avions écrit aux 36.000 maires des communes françaises" et bénéficié à l'époque d'"une très grosse couverture médiatique", poursuit la présidente de La Mouette. Grâce à Jacques Pradel et à son émission "Perdu de vue " sur TF1, l'association avait pu contacter les industriels du lait qui avaient affiché la photo de Marion "sur 10 millions de packs", une campagne inspirée des pratiques américaines. "On avait rencontré, avec les parents de Marion, Alain Juppé (aors Premier ministre) et Jacques Chirac", rappelle Annie Gourgue.  Une mobilisation qui n'a donné aucun résultat concret mais qui ne fut pas pour autant inutile, car "beaucoup de choses ont changé depuis la disparition de Marion", souligne-t-elle. "Maintenant, on prend beaucoup plus au sérieux les disparitions d'enfants et on ne se contente plus de parler d'une "simple fugue"... "

 

Cela nous fait du bien de voir que notre fille n'est pas tombée dans l'oubli Michel Wagon, le père de Marion

 

14 novembre 1996 : le père de Marion s'exprime pour la première fois depuis 10 ans

Il ne s'était pas exprimé depuis 2006. Ce Lundi, Michel Wagon a accordé une interview très émouvante à La dépêche. Il indique notamment que lui est sa femme s'étaient "mis en retrait" car ils avaient l'impression que "tout avait été fait sur un plan médiatique". Face au nombreux messages reçus à l'approche des 20 ans de la disparition de Marion, Michel Wagon a décidé de s'exprimer. "Cela nous fait du bien de voir que notre fille n'est pas tombée dans l'oubli", déclare-t-il. Il ajoute : "Chaque année, cela nous retravaille. C'est la journée la plus difficile. Notre vie s'est arrêtée le 14 novembre 1996. C'est une étape douloureuse, tout remonte à la surface. Mais aussi les Noëls, les fêtes des mères et des pères. Nous ne sommes pas bien… ". Chaque année, la famille passe ensemble ce triste anniversaire. 

 

Vingt ans après, le père de famille se dit "en quête de vérité" : "Il n'est jamais trop tard. Si quelqu'un sait, se souvient de quelque chose… qu'il parle ! On aimerait savoir au bout de vingt ans. On ne peut pas rester sans savoir ! Mais on a intégré aussi l'idée que peut-être on ne saura jamais rien ou à l'inverse qu'il faudra se préparer moralement le jour où…". 

 

Il y a 20 ans, le dispositif "alerte enlèvement" n'existait pas

Annie Gourgue a la conviction que "s'il y a 20 ans, nous avions eu Alerte-enlèvement, internet et les réseaux sociaux, nous aurions su ce qui s'est passé pour Marion". Désormais en effet, aussitôt après la déclaration d'une disparition, le portrait de l’enfant est diffusé à l’échelle européenne avec un numéro vert d'appel téléphonique, mis en place grâce au travail du réseau "Missing Children Europe" auquel est affiliée La Mouette. Depuis sa création, "Alerte enlèvement a permis en France de retrouver 13 enfants", insiste Annie Gourgue. 

 

Ce dispositif, lancé par le ministère de la Justice en février 2006, s'inspire du système "Amber alert" instauré aux Etats-Unis en 1996 après la disparition d'Amber Renee Hagerman, une fillette de 10 ans enlevée à Arlington (Texas) et retrouvée morte quatre jours plus tard. Il permet de diffuser très rapidement auprès de l'ensemble de la population des informations précises relatives à l'enlèvement d'un mineur, afin de susciter des témoignages pouvant permettre de le retrouver. Car les premières heures suivant la disparition sont cruciales pour la survie des victimes. 

Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente.
Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente. ©
Ma. C.

L'association organise une marche silencieuse pour Marion Wagon, lundi, jour des 20 ans de sa disparition.

Le rituel est immuable. Dès qu'Annie Gourgue pénètre dans les locaux de l'association La Mouette (1) afin d'assurer ses fonctions de présidente, ses yeux se portent sur l'immense affiche au mur. L'avis de recherche de Marion Wagon, disparue le 14 novembre 1996, à la sortie de l'école élémentaire Sembel à Agen. Et lorsque son regard croise celui de la petite blondinette rieuse, Annie Gourgue y croit de toutes ses forces. « Ce soir, on saura quelque chose. » La certitude est devenue routine depuis vingt ans. Puis, lorsqu'elle tourne la clé dans la serrure en fin de journée, la présidente de la Mouette se résigne. « Si ce n'est pas ce soir, ce sera demain. »

 

 

« L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience ne m'a jamais quittée »

 

Lundi à midi, place Armand-Fallières, les Agenais sont invités à se rassembler en silence. Un pin's à l'effigie de La Mouette épinglé à la boutonnière, le cortège se déplacera en direction de l'école primaire rue Marceau, dernier endroit où a été aperçue Marion, avant de se volatiliser sur le chemin d'une centaine de mètres la séparant de sa maison. « Cette marche prendra la forme d'un clin d'œil à la fillette, mais aussi à sa famille qui ne souhaite pas prendre part au rassemblement. Il s'agit aussi d'adresser une supplique collective : “Si quelqu'un sait quelque chose, a vu, ou a entendu, il n'est pas trop tard pour parler.” Agen n'oublie pas Marion », marque Annie Gourgue, revivant les deux décennies entre fausses pistes et atermoiements de l'enquête.

Distribution

« Il y a eu une prise de conscience après la disparition de Marion. Le parquet de l'époque s'était d'abord orienté sur la thèse de la fugue et on a perdu du temps. Aujourd'hui, quand un enfant disparaît, c'est immédiatement pris au sérieux et des moyens conséquents sont déployés. Bien sûr, il y a vingt ans, nous ne disposions pas des réseaux sociaux sur Internet... »

Des bénévoles de La Mouette distribueront gratuitement les pin's bleus ce samedi, sur le boulevard de la République, face aux Galeries Lafayette. L'association a également fait éditer des enveloppes prétimbrées marquées de l'avis de recherche de Marion, en vente pour 0,80 euro au 12 rue Monstesquieu, à Agen. « L'objectif est que ces lettres voyagent. Je me souviens des 15 millions d'affiches qui ont été imprimées et placardées, diffusées dans toute l'Europe. C'était la première fois qu'un avis de disparition quittait les murs des seuls commissariats et gendarmeries pour se retrouver sur la voie publique. Cela a impulsé un nouveau traitement des disparitions d'enfants, jusqu'à l'Alerte enlèvement mise en place aujourd'hui et qui connaît de très bons résultats. L'industrie laitière nous avait également donné un sérieux coup de pouce en acceptant que le portrait de Marion soit imprimé sur 10 millions de briques de lait. L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience et que l'on sache la vérité pour Marion et sa famille ne m'a jamais quittée », confie Annie Gourgue.

(1) La Mouette est une association de protection de l'enfant et de soutien aux familles de victimes, créée après l'assassinat de la Colayracaise Magali Forabosco, alors âgée de 7 ans, en 1984.

Article du Sud Ouest publié le 9/11/2016

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Disparition de Marion Wagon : «Notre vie s'est arrêtée le 14 novembre 1996»

Actu - Michel Wagon, le père de Marion, témoigne

Marion a disparu - MORAD CHERCHARI - DDM
Marion a disparu MORAD CHERCHARI  /  DDM

Michel Wagon ne s'était plus exprimé dans les médias depuis le 10e anniversaire de la disparition de sa fille Marion. A l'occasion des 20 ans, il a accepté de témoigner par téléphone depuis le nord de la France.

Pourquoi avoir accepté de sortir de votre réserve ?

Nous nous étions mis en retrait car nous avions le sentiment que tout avait été fait sur un plan médiatique. Mais ces jours-ci, les messages de sympathie qui ont commencé à affluer, nous ont touchés. Et nous avons été surpris que la presse s'empare de nouveau de l'affaire. Nous pensions que Marion avait été oubliée. Cela nous fait du bien de voir que notre fille n'est pas tombée dans l'oubli. Nous sommes aussi vraiment reconnaissants envers les Agenais qui sont proches de nous. Cela fait chaud au cœur. Je suis toujours ému des petits mots gentils quand je passe aux caisses des supermarchés. Fatalement, je suis reconnu. Nous recevons ma femme et moi beaucoup de gestes de sympathie, de personnes qui se disent désolées «pour cette petite».

Quel est votre état d'esprit en cette période difficile ?

 

Chaque année, cela nous retravaille. C'est la journée la plus difficile. Notre vie s'est arrêtée le 14 novembre 1996. C'est une étape douloureuse, tout remonte à la surface. Mais aussi les Noëls, les fêtes des Mères et des Pères. Nous ne sommes pas bien… C'est pour cette raison qu'on a choisi de partir dans les Hauts de France, notre région natale. On passe toujours ce triste moment du 14 novembre en famille.

Comment tenter de vivre avec cette terrible épreuve ?

Vous n'avez pas le choix. Les autres enfants grandissent, vous vieillissez. Même si nous avons vécu des heures profondes de désespoir, la vie vous réveille toujours au matin. Le présent vous rattrape, il faut avancer. Nous avons nos emplois respectifs et nos deux enfants : Charline qui vit dans le Var et Gilles en région parisienne. C'est l'appel du travail qui leur a fait quitter la région et non pas la volonté de mettre de la distance avec Agen. Et nous sommes grands-parents. On vit le quotidien de tout le monde, avec la disparition de Marion en plus.

«La Mouette», via sa présidente, a fait de cette disparition non élucidée le combat d'une vie ?

Nous savons combien nous devons énormément à Annie Gourgue. C'est une femme formidable qui œuvre beaucoup pour l'enfance. Si nous n'avions pas eu «La Mouette», nous n'aurions pas suscité ce vaste élan de solidarité, obtenu cette logistique, ces entrées sur les plateaux de télévision. Mais il faut remercier aussi les parents d'élèves et tous ces anonymes et personnes pavés de bonnes intentions qui nous ont soutenus tout ce temps.

Être stigmatisé dans le regard des autres en tant que parents de Marion, n'est pas dur à supporter parfois ?

Bien sûr, c'est lourd à gérer quelque part. Mais quand vous avez beaucoup médiatisé l'affaire, c'est le revers de la médaille. Nous sommes devenus des personnes publiques et il faut en assumer les conséquences. Mais les marques de sympathie et d'empathie nous réconfortent. Nous y sommes sensibles. On habite aussi dans un hameau où tout le monde nous a accueillis chaleureusement.

Marion est devenue indissociable d'Agen, un lien affectif existe ?

Oui, Agen a été marquée au fer rouge. Marion est un peu la fille, la petite-fille, la sœur de tout un chacun. Et elle est devenue un symbole qui a permis que certaines choses évoluent comme le numéro européen, l'alerte enlèvement. Marion, c'est notre malheur… On a remué des montagnes pour la retrouver, ce qui n'a servi à rien malheureusement, sauf à faire bouger les choses dans les disparitions d'enfants.

Quelle forme d'espoir nourrissez-vous, vingt ans plus tard ?

Nous sommes en quête de vérité. Il n'est jamais trop tard. Si quelqu'un sait, se souvient de quelque chose… qu'il parle ! On aimerait savoir au bout de vingt ans. On ne peut pas rester sans savoir ! Mais on a intégré aussi l'idée que peut-être on ne saura jamais rien ou à l'inverse qu'il faudra se préparer moralement le jour où…

Comme se souvenir de votre enfant ?

Comme d'une petite fille pleine de joie, rêveuse, belle aux yeux magnifiques qui adorait Mickaël Jackson. Elle avait tout pour elle.

Avez-vous conservé des liens avec les «vieux» enquêteurs qui se sont succédé dans la direction de l'affaire ?

Surtout avec celui que je considère comme la cheville ouvrière du dossier à la SR, Christian Bordenave, qui nous recevait pour un point hebdomadaire. Les premiers mois de la disparition, le policier Roland Courdesses nous a fait du bien mentalement. Il venait le soir à la maison à 18 heures ou quand je n'avais pas le moral je passais à son bureau. C'était un besoin viscéral. Il y a eu aussi Hervé Guillot à la PJ et le lieutenant-colonel Michel Louvet à la SR. Tous ont été très respectueux et bienveillants avec nous et nos enfants. Ils ont tout exploré, réalisé le maximum et nous ont préservés de certaines choses. Nous sommes convaincus que la cellule actuelle, si elle détenait une piste sérieuse, mettrait elle aussi les moyens. Les policiers et les gendarmes nous ont aidés à tenir. Ils ont agi en enquêteurs et en bons pères de famille.

Qu'est-ce qui a été le plus éprouvant dans l'affaire : l'agitation, les fausses pistes, les rumeurs, les fantasmes ?

La délation, les démarches mercantiles comme ces poches de pain à l'effigie du portrait de Marion, le faux détective escroc qui nous réclamait 3 000 € pour ramener Marion du Maroc. Notre avocat, Me Georges Catala, nous a défendus. Plus tous les renseignements qu'on recueillait chez nous. Cette femme qui a sonné un soir à minuit, en transe, qui avait une vision, un autre qui nous conseillait de prier dans une chapelle à Saint-Affrique, les rendez-vous dans des bistrots louches…

Des regrets comme la piste refermée de Dordogne : le cibiste écroué par la suite pour viol sur mineure ?

Cette piste a été creusée et le suspect est mort en prison… Oui la thèse de la fugue du procureur de l'époque qui a une part de responsabilité à mon sens, sans pouvoir l'incriminer. Peut-être le regret de la piste martiniquaise où une femme avait prétendu avoir rencontré une petite fille affirmant être Marion. Cela aurait signifié que notre fille était vivante. Depuis vingt ans, ce serait un vrai miracle, exceptionnel… On a les pieds sur terre. Mais il faut qu'on connaisse la vérité. On garde espoir jusqu'au bout. l


L'Affaire

Marion disparaît à 12 h 15 rue Hoche. A 12 h 45 après une reconnaissance sur le chemin, ses parents donnent l'alerte. L'Affaire en résumé, c'est une centaine d'appartements et de caves fouillés, autant de délinquants sexuels entendus et des centaines de coffres de voitures ouverts. La Garonne draguée, le canal vidé sur 10 km et les écluses sondées. Le quartier survolé en Mirage 4 pour prendre les puits en photos. Grâce à la Mouette, 16 millions d'affiches placardées jusqu'en Europe et en Amérique, 10 millions de briques de lait, des 4X3. Des clichés des angles de vue pris des fenêtres qui ouvrent sur le trajet de l'école, appartement par appartement. 400 PV de police les premiers temps, 800 de la PJ et 1 200 des gendarmes qui passe de deux à 15 militaires à la Cellule Marion. Autant de pistes à vérifier et témoignages à croiser et 5 000 lettres de radiesthésistes où s'immerger. Il demeure des affiches pâlies par le soleil et les années, en ville.


Le 14 novembre 1996, Marion wagon disparaissait à la sortie de l’école à Agen. Vingt ans plus tard l’information judiciaire est toujours ouverte. Le père de Marion évoque pour nous ce drame qui a frappé toute sa famille.

  • Publié le , mis à jour le

Marion si tu entends ce message, reviens-nous vite, nous t'aimons. Si quelqu'un la retient, nous le supplions de nous rendre notre enfant

tels étaient les mots de Michel Wagon quinze jours après la disparition de sa fille.

Aujourd’hui, vingt ans presque jour pour jour après le drame, cette date du 14 novembre, reste bien évidemment indélébile.

C’est toujours une journée très difficile, c’est remettre le compteur à zéro, se rappeler cette journée, la disparition de Marion (…). Ça fait vingt ans qu’on a pas de nouvelle de Marion, c’est toujours une journée très difficile (…). On ne s’en remettra jamais, tant qu’on aura pas la vérité, on ne s’en remettra jamais 

explique Michel Wagon.

Aujourd’hui le combat des parents de Marion et de leurs deux enfants aujourd’hui âgés de 33 et 34 ans est donc toujours de « connaître la vérité ». Ils nourrissent toujours l’espoir de savoir « ce qui s’est passé » le 14 novembre 1996.

De revoir Marion vivante, on sait que ce sera compliqué. Mais en même temps (…) on se souvient de l’épisode de Natascha Kampusch, c’était une preuve qu’on pouvait retrouver un enfant dans le long terme. Bon, après c’est vrai que vingt ans après aux USA on a su qu’on avait retrouvé des cadavres d’enfants disparus 

dit Michel Wagon.

Durant ces deux décennies, des hypothèses ont bien émergé. Quelques mois après la disparition de la petite fille, un homme disait avoir vu Marion aux Antilles. Puis quelques années plus tard un homme entendu dans l’affaire Alègre prétendait la même chose. Toutes ces pistes ont finalement été écartées comme celle de Fourniret, un temps étudiée

A Agen , la « cellule Marion » est toujours active. Michel Wagon dit avoir été régulièrement informé par les gendarmes des avancées de l’enquête mais depuis quelques temps les échanges se font plus rares.

L’enquête est peut-être au point mort mais nous savons que les enquêteurs sont prêts à bondir sur le moindre renseignement

confie le père de Marion.
 
Quand Michel Wagon, monteur dans une carrosserie du Lot-et Garonne, et sa femme, secrétaire, pensent à Marion, ils retrouvent l’enfant « rêveuse, une enfant magnifique » qui « ne méritait pas de disparaitre ».

Lundi une marche silencieuse est organisée à Agen par l’association La Mouette pour les vingt ans de la disparition de Marion. De la même manière des enveloppes sur lesquelles apparaît l’avis de recherche avec le visage de Marion sont distribuées en ville durant tout le mois de novembre. Une solidarité de longue date qui touche le père de famille.

Tous les messages de sympathie, toute cette solidarité qui s’est créée autour de Marion, les mots de réconfort, les petits signes, les petits gestes, ça nous a aidé très certainement à tenir le coup, et nous sommes très reconnaissants aux Agenais et Agenaises .

France3Aquitaine Publié le 8/11/2016

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