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Disparition de Marion Wagon : «Notre vie s'est arrêtée le 14 novembre 1996»

Actu - Michel Wagon, le père de Marion, témoigne

Marion a disparu - MORAD CHERCHARI - DDM
Marion a disparu MORAD CHERCHARI  /  DDM

Michel Wagon ne s'était plus exprimé dans les médias depuis le 10e anniversaire de la disparition de sa fille Marion. A l'occasion des 20 ans, il a accepté de témoigner par téléphone depuis le nord de la France.

Pourquoi avoir accepté de sortir de votre réserve ?

Nous nous étions mis en retrait car nous avions le sentiment que tout avait été fait sur un plan médiatique. Mais ces jours-ci, les messages de sympathie qui ont commencé à affluer, nous ont touchés. Et nous avons été surpris que la presse s'empare de nouveau de l'affaire. Nous pensions que Marion avait été oubliée. Cela nous fait du bien de voir que notre fille n'est pas tombée dans l'oubli. Nous sommes aussi vraiment reconnaissants envers les Agenais qui sont proches de nous. Cela fait chaud au cœur. Je suis toujours ému des petits mots gentils quand je passe aux caisses des supermarchés. Fatalement, je suis reconnu. Nous recevons ma femme et moi beaucoup de gestes de sympathie, de personnes qui se disent désolées «pour cette petite».

Quel est votre état d'esprit en cette période difficile ?

 

Chaque année, cela nous retravaille. C'est la journée la plus difficile. Notre vie s'est arrêtée le 14 novembre 1996. C'est une étape douloureuse, tout remonte à la surface. Mais aussi les Noëls, les fêtes des Mères et des Pères. Nous ne sommes pas bien… C'est pour cette raison qu'on a choisi de partir dans les Hauts de France, notre région natale. On passe toujours ce triste moment du 14 novembre en famille.

Comment tenter de vivre avec cette terrible épreuve ?

Vous n'avez pas le choix. Les autres enfants grandissent, vous vieillissez. Même si nous avons vécu des heures profondes de désespoir, la vie vous réveille toujours au matin. Le présent vous rattrape, il faut avancer. Nous avons nos emplois respectifs et nos deux enfants : Charline qui vit dans le Var et Gilles en région parisienne. C'est l'appel du travail qui leur a fait quitter la région et non pas la volonté de mettre de la distance avec Agen. Et nous sommes grands-parents. On vit le quotidien de tout le monde, avec la disparition de Marion en plus.

«La Mouette», via sa présidente, a fait de cette disparition non élucidée le combat d'une vie ?

Nous savons combien nous devons énormément à Annie Gourgue. C'est une femme formidable qui œuvre beaucoup pour l'enfance. Si nous n'avions pas eu «La Mouette», nous n'aurions pas suscité ce vaste élan de solidarité, obtenu cette logistique, ces entrées sur les plateaux de télévision. Mais il faut remercier aussi les parents d'élèves et tous ces anonymes et personnes pavés de bonnes intentions qui nous ont soutenus tout ce temps.

Être stigmatisé dans le regard des autres en tant que parents de Marion, n'est pas dur à supporter parfois ?

Bien sûr, c'est lourd à gérer quelque part. Mais quand vous avez beaucoup médiatisé l'affaire, c'est le revers de la médaille. Nous sommes devenus des personnes publiques et il faut en assumer les conséquences. Mais les marques de sympathie et d'empathie nous réconfortent. Nous y sommes sensibles. On habite aussi dans un hameau où tout le monde nous a accueillis chaleureusement.

Marion est devenue indissociable d'Agen, un lien affectif existe ?

Oui, Agen a été marquée au fer rouge. Marion est un peu la fille, la petite-fille, la sœur de tout un chacun. Et elle est devenue un symbole qui a permis que certaines choses évoluent comme le numéro européen, l'alerte enlèvement. Marion, c'est notre malheur… On a remué des montagnes pour la retrouver, ce qui n'a servi à rien malheureusement, sauf à faire bouger les choses dans les disparitions d'enfants.

Quelle forme d'espoir nourrissez-vous, vingt ans plus tard ?

Nous sommes en quête de vérité. Il n'est jamais trop tard. Si quelqu'un sait, se souvient de quelque chose… qu'il parle ! On aimerait savoir au bout de vingt ans. On ne peut pas rester sans savoir ! Mais on a intégré aussi l'idée que peut-être on ne saura jamais rien ou à l'inverse qu'il faudra se préparer moralement le jour où…

Comme se souvenir de votre enfant ?

Comme d'une petite fille pleine de joie, rêveuse, belle aux yeux magnifiques qui adorait Mickaël Jackson. Elle avait tout pour elle.

Avez-vous conservé des liens avec les «vieux» enquêteurs qui se sont succédé dans la direction de l'affaire ?

Surtout avec celui que je considère comme la cheville ouvrière du dossier à la SR, Christian Bordenave, qui nous recevait pour un point hebdomadaire. Les premiers mois de la disparition, le policier Roland Courdesses nous a fait du bien mentalement. Il venait le soir à la maison à 18 heures ou quand je n'avais pas le moral je passais à son bureau. C'était un besoin viscéral. Il y a eu aussi Hervé Guillot à la PJ et le lieutenant-colonel Michel Louvet à la SR. Tous ont été très respectueux et bienveillants avec nous et nos enfants. Ils ont tout exploré, réalisé le maximum et nous ont préservés de certaines choses. Nous sommes convaincus que la cellule actuelle, si elle détenait une piste sérieuse, mettrait elle aussi les moyens. Les policiers et les gendarmes nous ont aidés à tenir. Ils ont agi en enquêteurs et en bons pères de famille.

Qu'est-ce qui a été le plus éprouvant dans l'affaire : l'agitation, les fausses pistes, les rumeurs, les fantasmes ?

La délation, les démarches mercantiles comme ces poches de pain à l'effigie du portrait de Marion, le faux détective escroc qui nous réclamait 3 000 € pour ramener Marion du Maroc. Notre avocat, Me Georges Catala, nous a défendus. Plus tous les renseignements qu'on recueillait chez nous. Cette femme qui a sonné un soir à minuit, en transe, qui avait une vision, un autre qui nous conseillait de prier dans une chapelle à Saint-Affrique, les rendez-vous dans des bistrots louches…

Des regrets comme la piste refermée de Dordogne : le cibiste écroué par la suite pour viol sur mineure ?

Cette piste a été creusée et le suspect est mort en prison… Oui la thèse de la fugue du procureur de l'époque qui a une part de responsabilité à mon sens, sans pouvoir l'incriminer. Peut-être le regret de la piste martiniquaise où une femme avait prétendu avoir rencontré une petite fille affirmant être Marion. Cela aurait signifié que notre fille était vivante. Depuis vingt ans, ce serait un vrai miracle, exceptionnel… On a les pieds sur terre. Mais il faut qu'on connaisse la vérité. On garde espoir jusqu'au bout. l


L'Affaire

Marion disparaît à 12 h 15 rue Hoche. A 12 h 45 après une reconnaissance sur le chemin, ses parents donnent l'alerte. L'Affaire en résumé, c'est une centaine d'appartements et de caves fouillés, autant de délinquants sexuels entendus et des centaines de coffres de voitures ouverts. La Garonne draguée, le canal vidé sur 10 km et les écluses sondées. Le quartier survolé en Mirage 4 pour prendre les puits en photos. Grâce à la Mouette, 16 millions d'affiches placardées jusqu'en Europe et en Amérique, 10 millions de briques de lait, des 4X3. Des clichés des angles de vue pris des fenêtres qui ouvrent sur le trajet de l'école, appartement par appartement. 400 PV de police les premiers temps, 800 de la PJ et 1 200 des gendarmes qui passe de deux à 15 militaires à la Cellule Marion. Autant de pistes à vérifier et témoignages à croiser et 5 000 lettres de radiesthésistes où s'immerger. Il demeure des affiches pâlies par le soleil et les années, en ville.

Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente.
Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente. ©
Ma. C.

L'association organise une marche silencieuse pour Marion Wagon, lundi, jour des 20 ans de sa disparition.

Le rituel est immuable. Dès qu'Annie Gourgue pénètre dans les locaux de l'association La Mouette (1) afin d'assurer ses fonctions de présidente, ses yeux se portent sur l'immense affiche au mur. L'avis de recherche de Marion Wagon, disparue le 14 novembre 1996, à la sortie de l'école élémentaire Sembel à Agen. Et lorsque son regard croise celui de la petite blondinette rieuse, Annie Gourgue y croit de toutes ses forces. « Ce soir, on saura quelque chose. » La certitude est devenue routine depuis vingt ans. Puis, lorsqu'elle tourne la clé dans la serrure en fin de journée, la présidente de la Mouette se résigne. « Si ce n'est pas ce soir, ce sera demain. »

 

 

« L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience ne m'a jamais quittée »

 

Lundi à midi, place Armand-Fallières, les Agenais sont invités à se rassembler en silence. Un pin's à l'effigie de La Mouette épinglé à la boutonnière, le cortège se déplacera en direction de l'école primaire rue Marceau, dernier endroit où a été aperçue Marion, avant de se volatiliser sur le chemin d'une centaine de mètres la séparant de sa maison. « Cette marche prendra la forme d'un clin d'œil à la fillette, mais aussi à sa famille qui ne souhaite pas prendre part au rassemblement. Il s'agit aussi d'adresser une supplique collective : “Si quelqu'un sait quelque chose, a vu, ou a entendu, il n'est pas trop tard pour parler.” Agen n'oublie pas Marion », marque Annie Gourgue, revivant les deux décennies entre fausses pistes et atermoiements de l'enquête.

Distribution

« Il y a eu une prise de conscience après la disparition de Marion. Le parquet de l'époque s'était d'abord orienté sur la thèse de la fugue et on a perdu du temps. Aujourd'hui, quand un enfant disparaît, c'est immédiatement pris au sérieux et des moyens conséquents sont déployés. Bien sûr, il y a vingt ans, nous ne disposions pas des réseaux sociaux sur Internet... »

Des bénévoles de La Mouette distribueront gratuitement les pin's bleus ce samedi, sur le boulevard de la République, face aux Galeries Lafayette. L'association a également fait éditer des enveloppes prétimbrées marquées de l'avis de recherche de Marion, en vente pour 0,80 euro au 12 rue Monstesquieu, à Agen. « L'objectif est que ces lettres voyagent. Je me souviens des 15 millions d'affiches qui ont été imprimées et placardées, diffusées dans toute l'Europe. C'était la première fois qu'un avis de disparition quittait les murs des seuls commissariats et gendarmeries pour se retrouver sur la voie publique. Cela a impulsé un nouveau traitement des disparitions d'enfants, jusqu'à l'Alerte enlèvement mise en place aujourd'hui et qui connaît de très bons résultats. L'industrie laitière nous avait également donné un sérieux coup de pouce en acceptant que le portrait de Marion soit imprimé sur 10 millions de briques de lait. L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience et que l'on sache la vérité pour Marion et sa famille ne m'a jamais quittée », confie Annie Gourgue.

(1) La Mouette est une association de protection de l'enfant et de soutien aux familles de victimes, créée après l'assassinat de la Colayracaise Magali Forabosco, alors âgée de 7 ans, en 1984.

Article du Sud Ouest publié le 9/11/2016

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20 ans cette année que Marion a disparu sur le chemin de l'école

Faits divers - Date anniversaire le 14 novembre

«Je garde espoir qu'un jour, quelqu'un parlera ou soulagera sa conscience.» / Photo Morad Cherchari.
«Je garde espoir qu'un jour, quelqu'un parlera ou soulagera sa conscience.» / Photo Morad Cherchari.

L'affaire Marion a laissé des traces. Présidente de «La Mouette», Annie Gourgue revient sur les 20 ans de sa disparition. De la formidable chaîne de solidarité humaine à l'émotion qui a gagné la France entière.

Marion Wagon a eu ou aurait eu 30 ans le 8 août dernier. Le 14 novembre, cela fera 20 ans que la fillette au regard bleu myosotis s'est volatilisée à midi sur le chemin de l'école Sembel d'Agen. Une disparition à laquelle ne peut se résoudre Annie Gourgue, la présidente de «La Mouette» qui a fait de cette énigme irrésolue le combat d'une vie. «Tous les jours, je me dis demain, on saura quelque chose. Nous devons savoir ! Qu'elle soit vivante ou pas. Si Quelqu'un sait quelque chose, il doit le dire ou peut-être que cette personne voudra un jour soulager sa conscience». L'instruction est toujours ouverte dirigée par la magistrate Sylvie Tronche qui a fait numériser des décennies de procédures et une cellule est encore active à la SR d'Agen. Trois gendarmes continuent d'exploiter la moindre piste, même les plus farfelues.

 

Hier à la permanence de «La Mouette» aux côtés de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente et engagée depuis la première heure, Annie Gourgue a retracé 20 ans d'historique de la mobilisation pour retrouver Marion qui a vite gagné la France entière et l'Europe. 5 000 affiches imprimées au lendemain de la disparition financées par Muriel Boulmier, l'autre figure essentielle du comité devenu plus tard «La Mouette», à Patricia Henry dont la fille était dans la même école que Marion, alors épouse du directeur de cabinet du préfet de l'époque qui mettra le carnet d'adresses des 36 000 maires de France au service du comité pour les affiches. La solidarité passera par les fonctionnaires des administrations émus par ce fait divers qui proposeront leur aide, tous les clubs Lion's et Rotary, des anonymes venus prêter main-forte, les employés de La Poste en grève en novembre 1996 qui accepteront le soir de rouvrir le centre de tri pour collecter les affiches à acheminer pour Marion, les 4X3 placardées par le conseil général jusqu'aux deux juges d'instruction en charge du dossier qui viendront coller des enveloppes en sortant de leurs cabinets. «On avait espoir de retrouver Marion».

Le mauvais départ de l'enquête

Une chaîne humaine s'est mise en place à laquelle la présidente rend grâce. Elle se remémore les cahiers entiers de messages, les routiers qui faisaient jouer leurs réseaux, les distributions au péage de l'autoroute. Jusqu'à la rencontre providentielle avec le présentateur Jacques Pradel de «Perdu de vue» qui la met en contact avec des industriels du lait qui reprendront le portrait de Marion sur 10 millions de packs. Sans oublier les télévisions italiennes, portugaises et hollandaises qui se sont intéressées à la petite fille. Mais aussi et surtout le temps perdu au premier jour de l'enquête parce que le procureur de l'époque avait privilégié une fugue… à 10 ans. Puis les tâtonnements des enquêtes confiées successivement au commissariat, à la PJ et enfin à la SR. «Il faut préciser que 20 ans en arrière, nous ne disposions pas des services modernes de la police scientifique et des analyses ADN. Et le fichier génétique des auteurs de crimes sexuels n'existait pas. Mais la SR a fait un boulot énorme.»

L'affaire Marion aura marqué un tournant. C'était la première fois qu'une enfant disparaissait en plein jour dans la rue. «La Mouette» a reçu le soutien de Bernadette Chirac, de son mari Jacques, du Premier ministre Alain Juppé. Un numéro vert a été mis en place au début, puis un numéro européen grâce à Nicole Fontaine.

L'association a intégré, en 1999, la fédération européenne «Missing Chidren Europe» aux côtés de la Belgique meurtrie par l'affaire Dutroux et de l'Italie où de la traite d'enfants albanais sévissait. L'association a contribué à faire prendre conscience du phénomène de la cybercriminalité et de la lutte à lui opposer.

Mais lundi, «La Mouette» refuse que Marion tombe dans l'oubli.


Marche silencieuse lundi 14, sans les parents Wagon

«Les parents de Marion ne seront pas là lundi. Ils sont partis dans le Nord pour quelques jours. Ils nous ont autorisés à être leur porte-parole. Mais ils sont fatigués et veulent prendre du recul. C'est légitime. On les comprend». Une famille lasse du malheur qui stigmatise. Michel et Françoise Wagon sont aujourd'hui grands-parents et aspirent à vivre loin des caméras, des micros brandis sous le nez et du crépitement des flashs. Le père de Marion a répondu présent pendant des années aux sollicitations médiatiques, mais chaque mois de novembre reste une période éprouvante pour des parents profondément marqués dans leur chair par l'absence de leur fille. Et puis il y a le reste de la fratrie. La vie a dû reprendre ses droits.

Mais pour Annie Gourgue, chaque action entreprise peut conduire vers la vérité, amener des langues à se délier, reste-t-elle convaincue.

Lundi 14 novembre, une marche silencieuse démarrera à partir de midi devant le palais de justice d'Agen et passera devant l'école Sembel pour se souvenir de la fillette. Des pins bleus gratuits sont disponibles à la permanence de «La Mouette» rue Montesquieu et une distribution sera réalisée samedi en ville par des bénévoles. «La Mouette» a aussi fait imprimer un lot de 2000 enveloppes prétimbrées avec dans un coin, l'affiche tristement célèbre du visage de Marion. Les enveloppes vous attendent rue Montequieu au prix de 0.80 centimes l'unité. «La Mouette» espère que la mobilisation sera importante lundi à midi. Un égrégore de pensées pour Marion.


Le 14 novembre 1996, Marion wagon disparaissait à la sortie de l’école à Agen. Vingt ans plus tard l’information judiciaire est toujours ouverte. Le père de Marion évoque pour nous ce drame qui a frappé toute sa famille.

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Marion si tu entends ce message, reviens-nous vite, nous t'aimons. Si quelqu'un la retient, nous le supplions de nous rendre notre enfant

tels étaient les mots de Michel Wagon quinze jours après la disparition de sa fille.

Aujourd’hui, vingt ans presque jour pour jour après le drame, cette date du 14 novembre, reste bien évidemment indélébile.

C’est toujours une journée très difficile, c’est remettre le compteur à zéro, se rappeler cette journée, la disparition de Marion (…). Ça fait vingt ans qu’on a pas de nouvelle de Marion, c’est toujours une journée très difficile (…). On ne s’en remettra jamais, tant qu’on aura pas la vérité, on ne s’en remettra jamais 

explique Michel Wagon.

Aujourd’hui le combat des parents de Marion et de leurs deux enfants aujourd’hui âgés de 33 et 34 ans est donc toujours de « connaître la vérité ». Ils nourrissent toujours l’espoir de savoir « ce qui s’est passé » le 14 novembre 1996.

De revoir Marion vivante, on sait que ce sera compliqué. Mais en même temps (…) on se souvient de l’épisode de Natascha Kampusch, c’était une preuve qu’on pouvait retrouver un enfant dans le long terme. Bon, après c’est vrai que vingt ans après aux USA on a su qu’on avait retrouvé des cadavres d’enfants disparus 

dit Michel Wagon.

Durant ces deux décennies, des hypothèses ont bien émergé. Quelques mois après la disparition de la petite fille, un homme disait avoir vu Marion aux Antilles. Puis quelques années plus tard un homme entendu dans l’affaire Alègre prétendait la même chose. Toutes ces pistes ont finalement été écartées comme celle de Fourniret, un temps étudiée

A Agen , la « cellule Marion » est toujours active. Michel Wagon dit avoir été régulièrement informé par les gendarmes des avancées de l’enquête mais depuis quelques temps les échanges se font plus rares.

L’enquête est peut-être au point mort mais nous savons que les enquêteurs sont prêts à bondir sur le moindre renseignement

confie le père de Marion.
 
Quand Michel Wagon, monteur dans une carrosserie du Lot-et Garonne, et sa femme, secrétaire, pensent à Marion, ils retrouvent l’enfant « rêveuse, une enfant magnifique » qui « ne méritait pas de disparaitre ».

Lundi une marche silencieuse est organisée à Agen par l’association La Mouette pour les vingt ans de la disparition de Marion. De la même manière des enveloppes sur lesquelles apparaît l’avis de recherche avec le visage de Marion sont distribuées en ville durant tout le mois de novembre. Une solidarité de longue date qui touche le père de famille.

Tous les messages de sympathie, toute cette solidarité qui s’est créée autour de Marion, les mots de réconfort, les petits signes, les petits gestes, ça nous a aidé très certainement à tenir le coup, et nous sommes très reconnaissants aux Agenais et Agenaises .

France3Aquitaine Publié le 8/11/2016

Marion Wagon a disparu le 14 novembre 1996.
Marion Wagon a disparu le 14 novembre 1996. ©
DR

VIDÉO - L'association La Mouette organise, lundi 14 novembre, une marche silencieuse dédiée à Marion Wagon, la fillette disparue depuis vingt ans, à la sortie de l'école

Lundi 14 novembre, cela fera vingt ans que Marion Wagon a disparu à la sortie de son école primaire.


L'association de protection de l'enfance de La Mouette organisera ce jour-là, à midi, une marche silencieuse, depuis la place de la préfecture vers l'établissement Sembel, où était scolarisée la fillette, avant un retour au point de départ.

A cette occasion, les participants pourront arborer des Pin's La Mouette, distribués gratuitement par l'association le jour de la marche, mais également samedi, devant les Galeries Lafayette à Agen.


20 ans après la disparition de Marion à Agen... par journalsudouest

"Le dossier est toujours ouvert"

"Nous penserons très fort aux parents de Marion à cette occasion et tenions à faire un clin d'oeil à la fillette en passant devant son école, pour lui dire qu'Agen ne l'oublie pas. Vingt ans plus tard, le dossier est toujours ouvert et nous n'avons jamais perdu l'espoir de savoir, un jour, ce qui lui est arrivé. Cette marche est aussi l'occasion d'adresser une supplique collective : Si quelqu'un sait quelque chose, ce n'est pas trop tard, il faut parler", indique Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de sa vice-présidente Christine Bonfanti-Dossat.

Des enveloppes marquées de l'avis de recherche sont également disponibles au siège de l'association, 12 rue Montesquieu à Agen.

 

Annie Gourgue et Christine Bonfanti-Dossat, respectivement présidente et vice-présidente de La Mouette© Photo Ma. C.

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