Justice - Cour d'assises

Pour «La Mouette» et Annie Gourgue, M e Derisbourg défend les intérêts du garçon, pour des viols commis entre 2013 et 2015 à Fumel./  Photo archives Marc Salvet
Pour «La Mouette» et Annie Gourgue, M e Derisbourg défend les intérêts du garçon, pour des viols commis entre 2013 et 2015 à Fumel./ Photo archives Marc Salvet

Verdict ce soir dans un énième dossier de viols et d'agressions sexuelles sur mineur à la cour d'assises de Lot-et-Garonne. L'accusé est récidiviste, déjà condamné.

Ce quinquagénaire s'est assis dans son box des accusés et ce n'est pas la première fois qu'il le fait, mais la troisième en l'espace de 20 ans. En 1996, il écope de 14 ans comme son frère pour avoir commis le pire avec sa propre fille de 5 ans. En 1998, il prend 10 ans avec deux autres de ses frères pour avoir abusé de leur sœur quand elle avait 11 ans. Elle a attendu sa majorité pour porter plainte contre les deux.

Un voisin

Placé en détention jusqu'en 2005, ce père et frère incestueux ne fait pas parler de lui après sa remise en liberté jusqu'en avril de l'an dernier. Un éducateur spécialisé puis un infirmier psy déclenchent une procédure de signalement auprès de la justice : un ado de 11 ans leur a relaté les agissements d'un voisin de sa mère, à Fumel. L'adulte le prenait en charge quand elle travaillait, week-end compris. Il l'emmenait parfois à la pêche sur les bords du Lot. L'enfant, placé aujourd'hui en institut médico-éducatif, fait des déclarations graves. Les gendarmes enquêtent, puis procèdent à l'interpellation du voisin, remontent le fil de son passé judiciaire chargé. Dans le même temps, une fillette de 7 ans fait des déclarations, parle d'un baiser. «Je t'aime, il ne faut pas le dire à papa et maman», lui aurait-il dit.

Le quinquagénaire reste assis dans son box. Micro en main, il raconte sa vie aux jurés de la cour d'assises, son enfance, violée elle aussi, de 6 à 12 ans, par son oncle et son père, celui-là même qui s'est pendu en octobre 2015 quand ses propres agissements incestueux ont été dévoilés.

Une mère s'étonne

De son box, le violeur présumé confirme qu'il n'a pas demandé de soins à sa sortie du centre de détention d'Eysses. «Je n'ai pas vraiment pensé à y aller». Pourtant, il stigmatise l'absence de suivi psychologique. Pourtant, et c'est à sa charge, il a dérogé à ses obligations judiciaires, a même été condamné en 2009 et 2011 pour ça. Inscrit au fichier des délinquants sexuels à sa sortie de détention, il est en état de récidive légale et encourt la perpétuité. La mère de la fillette embrassée de force s'étonne à la barre : «Il a été déjà condamné, il y avait des enfants autour de lui. Comment se fait-il qu'il ait pu encore le faire ?» «La Mouette» et Me Sandrine Derisbourg défendent les intérêts de la jeune victime. L'accusé est défendu par Me Gillet. Verdict attendu ce soir.