Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente.
Annie Gourgue, présidente de la Mouette, au côté de Christine Bonfanti-Dossat, vice-présidente. ©
Ma. C.

L'association organise une marche silencieuse pour Marion Wagon, lundi, jour des 20 ans de sa disparition.

Le rituel est immuable. Dès qu'Annie Gourgue pénètre dans les locaux de l'association La Mouette (1) afin d'assurer ses fonctions de présidente, ses yeux se portent sur l'immense affiche au mur. L'avis de recherche de Marion Wagon, disparue le 14 novembre 1996, à la sortie de l'école élémentaire Sembel à Agen. Et lorsque son regard croise celui de la petite blondinette rieuse, Annie Gourgue y croit de toutes ses forces. « Ce soir, on saura quelque chose. » La certitude est devenue routine depuis vingt ans. Puis, lorsqu'elle tourne la clé dans la serrure en fin de journée, la présidente de la Mouette se résigne. « Si ce n'est pas ce soir, ce sera demain. »

 

 

« L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience ne m'a jamais quittée »

 

Lundi à midi, place Armand-Fallières, les Agenais sont invités à se rassembler en silence. Un pin's à l'effigie de La Mouette épinglé à la boutonnière, le cortège se déplacera en direction de l'école primaire rue Marceau, dernier endroit où a été aperçue Marion, avant de se volatiliser sur le chemin d'une centaine de mètres la séparant de sa maison. « Cette marche prendra la forme d'un clin d'œil à la fillette, mais aussi à sa famille qui ne souhaite pas prendre part au rassemblement. Il s'agit aussi d'adresser une supplique collective : “Si quelqu'un sait quelque chose, a vu, ou a entendu, il n'est pas trop tard pour parler.” Agen n'oublie pas Marion », marque Annie Gourgue, revivant les deux décennies entre fausses pistes et atermoiements de l'enquête.

Distribution

« Il y a eu une prise de conscience après la disparition de Marion. Le parquet de l'époque s'était d'abord orienté sur la thèse de la fugue et on a perdu du temps. Aujourd'hui, quand un enfant disparaît, c'est immédiatement pris au sérieux et des moyens conséquents sont déployés. Bien sûr, il y a vingt ans, nous ne disposions pas des réseaux sociaux sur Internet... »

Des bénévoles de La Mouette distribueront gratuitement les pin's bleus ce samedi, sur le boulevard de la République, face aux Galeries Lafayette. L'association a également fait éditer des enveloppes prétimbrées marquées de l'avis de recherche de Marion, en vente pour 0,80 euro au 12 rue Monstesquieu, à Agen. « L'objectif est que ces lettres voyagent. Je me souviens des 15 millions d'affiches qui ont été imprimées et placardées, diffusées dans toute l'Europe. C'était la première fois qu'un avis de disparition quittait les murs des seuls commissariats et gendarmeries pour se retrouver sur la voie publique. Cela a impulsé un nouveau traitement des disparitions d'enfants, jusqu'à l'Alerte enlèvement mise en place aujourd'hui et qui connaît de très bons résultats. L'industrie laitière nous avait également donné un sérieux coup de pouce en acceptant que le portrait de Marion soit imprimé sur 10 millions de briques de lait. L'espoir que quelqu'un, un jour, soulage sa conscience et que l'on sache la vérité pour Marion et sa famille ne m'a jamais quittée », confie Annie Gourgue.

(1) La Mouette est une association de protection de l'enfant et de soutien aux familles de victimes, créée après l'assassinat de la Colayracaise Magali Forabosco, alors âgée de 7 ans, en 1984.

Article du Sud Ouest publié le 9/11/2016