Les bénévoles de l'association la Mouette distribueront demain aux passants des petits autocollants, dans le cadre de la Journée internationale des enfants disparus.

Samedi 25 mai sera célébré la Journée internationale des enfants disparus. Pour marquer l'occasion, et pour continuer une lutte sans relâche entamée depuis des décennies, l'association la Mouette sera dans les rues d'Agen pour donner aux passants un petit autocollant, à porter sur son vêtement. Aux couleurs du myosotis, ce macaron symbolisera le combat pour l'enfance en danger. Pour rappel, cette petite fleur bleue se nomme «forget me not» en anglais, c'est-à-dire «ne m'oublie pas».

«Il ne faut pas oublier, jamais»

«Il s'agit de la 16e édition de cette journée internationale, souligne Annie Gourgue, présidente de la Mouette. C'est nous qui, en 2003, aux côtés de la Fondation pour l'enfance et l'Association d'aide aux parents d'enfants victimes (Apev), avions lancé cette idée au ministère de la Justice. Le logo du myosotis s'était alors imposé.»

 

 

Pas moins de 5 000 autocollants seront donc distribués aujourd'hui par les bénévoles de la Mouette, sur le boulevard (ou dans les allées des galeries marchandes, s'il pleut).

«Il ne faut pas oublier, jamais, ajoute Annie Gourgue. Tant que nous les cherchons, les enfants sont avec nous. Porter le myosotis c'est porter ce message, et apporter son soutien aux parents. Défendre cette cause des enfants disparus, c'est aussi s'interroger, et interpeller les pouvoirs publics : fait-on assez de prévention, notamment des fugues ? Quelle prise en charge quand on retrouve le jeune ?»

Des bracelets seront aussi distribués, portant un numéro vert le 116 000 : il s'agit d'un numéro de téléphone gratuit, européen, qui aboutit à un service ouvert sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Au bout du fil, des psychologues parlant toutes les langues, et aptes à dialoguer avec les parents mais aussi avec les jeunes.

«Il faut que ce numéro soit connu, notamment par les fugueurs pour qu'ils puissent se signaler, poursuit Annie Gourgue. Il faut savoir que, selon le ministère de la Justice, toutes les dix minutes un enfant est signalé disparu dans notre pays. En 2018, 53 439 mineurs ont été inscrits au fichier des personnes disparues. 614 ont été enlevés ou détournés, dans le cadre de différends entre parents. 51 925 mineurs étaient en fugue, avec parfois des enfants très jeunes, de 12 ou 13 ans. Dans les 53 439 cas, quelque 900 étaient considérés comme des disparitions inquiétantes.»

Quinze fugues en avril en Lot-et-Garonne

Si les jeunes fugueurs sont rapidement retrouvés (dans plus de 90 % cas), Annie Gourgue n'en demeure pas moins préoccupée. «Je trouve qu'il y en a de plus en plus dans notre département. L'actualité de cette semaine l'a encore démontré. En avril, quinze cas de fugue ont été signalés en Lot-et-Garonne. Et avec les beaux jours, il y en aura plus. Le message qu'il faut adresser à ces jeunes est très important : attention, dans la rue tu es en danger.»

Ce 25 mai, un grand rassemblement se déroulera comme chaque année à Paris, auquel ne participera pas Annie Gourgue. «Ma place elle est ici, à Agen. C'est dans notre ville que nous devons être, car il ne faut surtout pas oublier Marion. Sa disparition reste pour nous une tache indélébile.»

 
Sébastien Bouchereau
 
23/05/2019 Le Petit Bleu d'Agen
La Dépêche du Midi

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Publié le par SudOuest.fr

 

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