Société - «La Mouette»

La présidente a reçu la médaille du ministère de l'Intérieur, sans s'y attendre. / Photo repro DR
 
La présidente a reçu la médaille du ministère de l'Intérieur, sans s'y attendre. / Photo repro DR
 

Alors qu'elle inaugurait vendredi dernier une salle Mélanie au commissariat de Bergerac en Dordogne en présence du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, Annie Gourgue, présidente de «La Mouette», a eu la grande surprise de recevoir des mains du ministre la médaille du ministère de l'Intérieur, Sécurité et Libertés locales. Une distinction en hommage à son action en faveur de la protection de l'enfance. L'œuvre, en réalité, d'une vie consacrée à défendre les intérêts des enfants abusés, victimes, meurtris et à honorer leurs mémoires dans les cas les plus tragiques, sans oublier le numéro vert européen et récemment une salle d'accueil du point rencontre médiatisée à «La Sauvegarde». L'association «La Mouette» est née au lendemain de l'assassinat de Magali Forabosco et a pris de l'ampleur avec la disparition non élucidée de la petite Marion Wagon pour laquelle «La Mouette» s'est battue pour retrouver la fillette.

Par cette haute reconnaissance et distinction, la présidente de «La Mouette» qui ne compte pas ses heures et reste de tous les combats, s'est déclarée profondément honorée. Par ailleurs, elle a tenu à remercier le commandant de police, David Vincent, pour sa force de conviction à installer au commissariat une salle Mélanie dédiée aux enfants victimes de violences sexuelles. Une autre salle de ce type est en préparation à la gendarmerie de Bergerac.

18 salles Mélanie créées

Avec un projet en cours à Libourne, 18 salles Mélanie auront été implantées grâce à la détermination d'Annie Gourgue dans le Grand Sud-Ouest de la France depuis quelques années. Des dommages et intérêts des procès de cybercriminels obtenus par «La Mouette» en l'absence de jeunes victimes identifiées, servent à financer ces salles mais pour partie. À ce titre, Annie Gourgue a remercié chaleureusement aussi l'implication de la concession Ford et du club Innerwheel d'Agen en la personne de Marie-Josée Magnon, son actuelle présidente présente lors de la visite ministérielle. Innerwheel se démène et soutient activement la création de ces salles.

C'était il y a quelques années !!!
Ces 800.000 tapis de souris nous avions pu les réaliser grâce à l'aide de Madame Pénélope FILLON et Madame Isabelle BARNIER.
Et pour 2017 je rêve d'un président de la République qui décide de faire de l'année 2018 "L'année de la lutte contre les maltraitances faites à enfant"...

Justice - Cour d'assises

Pour «La Mouette» et Annie Gourgue, M e Derisbourg défend les intérêts du garçon, pour des viols commis entre 2013 et 2015 à Fumel./  Photo archives Marc Salvet
Pour «La Mouette» et Annie Gourgue, M e Derisbourg défend les intérêts du garçon, pour des viols commis entre 2013 et 2015 à Fumel./ Photo archives Marc Salvet

Verdict ce soir dans un énième dossier de viols et d'agressions sexuelles sur mineur à la cour d'assises de Lot-et-Garonne. L'accusé est récidiviste, déjà condamné.

Ce quinquagénaire s'est assis dans son box des accusés et ce n'est pas la première fois qu'il le fait, mais la troisième en l'espace de 20 ans. En 1996, il écope de 14 ans comme son frère pour avoir commis le pire avec sa propre fille de 5 ans. En 1998, il prend 10 ans avec deux autres de ses frères pour avoir abusé de leur sœur quand elle avait 11 ans. Elle a attendu sa majorité pour porter plainte contre les deux.

Un voisin

Placé en détention jusqu'en 2005, ce père et frère incestueux ne fait pas parler de lui après sa remise en liberté jusqu'en avril de l'an dernier. Un éducateur spécialisé puis un infirmier psy déclenchent une procédure de signalement auprès de la justice : un ado de 11 ans leur a relaté les agissements d'un voisin de sa mère, à Fumel. L'adulte le prenait en charge quand elle travaillait, week-end compris. Il l'emmenait parfois à la pêche sur les bords du Lot. L'enfant, placé aujourd'hui en institut médico-éducatif, fait des déclarations graves. Les gendarmes enquêtent, puis procèdent à l'interpellation du voisin, remontent le fil de son passé judiciaire chargé. Dans le même temps, une fillette de 7 ans fait des déclarations, parle d'un baiser. «Je t'aime, il ne faut pas le dire à papa et maman», lui aurait-il dit.

Le quinquagénaire reste assis dans son box. Micro en main, il raconte sa vie aux jurés de la cour d'assises, son enfance, violée elle aussi, de 6 à 12 ans, par son oncle et son père, celui-là même qui s'est pendu en octobre 2015 quand ses propres agissements incestueux ont été dévoilés.

Une mère s'étonne

De son box, le violeur présumé confirme qu'il n'a pas demandé de soins à sa sortie du centre de détention d'Eysses. «Je n'ai pas vraiment pensé à y aller». Pourtant, il stigmatise l'absence de suivi psychologique. Pourtant, et c'est à sa charge, il a dérogé à ses obligations judiciaires, a même été condamné en 2009 et 2011 pour ça. Inscrit au fichier des délinquants sexuels à sa sortie de détention, il est en état de récidive légale et encourt la perpétuité. La mère de la fillette embrassée de force s'étonne à la barre : «Il a été déjà condamné, il y avait des enfants autour de lui. Comment se fait-il qu'il ait pu encore le faire ?» «La Mouette» et Me Sandrine Derisbourg défendent les intérêts de la jeune victime. L'accusé est défendu par Me Gillet. Verdict attendu ce soir.

L'affaire était jugée, hier, à Agen. ©illustration "Sud Ouest"

Patrick Fontaniol était jugé, mardi, pour avoir abusé d’un petit garçon pendant deux ans.

Sordide affaire, jugée mardi à Agen devant les assises, que celle d'Alexandre (1), un petit garçon agressé sexuellement et violé pendant deux ans, à Fumel, par un homme en qui il avait toute confiance et qu'il considérait comme un ami. Alexandre n'était pas présent au palais de justice. « Il est trop fragile et trop en colère pour assister aux débats », commente sobrement, pour la partie civile, Me Sandrine Derisbourg.

 

À l'époque des faits, mais aujourd'hui encore, alors qu'il est âgé de 12 ans, Alexandre souffre de sérieux troubles psychotiques. En 2013, lorsqu'il est abusé pour la première fois par Patrick Fontaniol, il vit en foyer et ne rentre chez sa mère que les week-ends. Celle-ci, un peu dépassée par cet enfant difficile à gérer, ne voit aucun mal à ce que son voisin emmène Alexandre pêcher sur le Lot.

Pendant deux ans, le jeune garçon va subir, sans manifester. Il faudra que celui qui était dans le box des accusés mardi, embrasse sur la bouche une petite voisine et que celle-ci s'en ouvre immédiatement à ses parents, pour qu'Alexandre se confie enfin à sa mère. Démunie, elle rapporte les propos de son fils à l'éducateur et à l'infirmier psychiatrique.

Déjà condamné en Gironde

Alexandre n'est pas la première victime de Patrick Fontaniol. Le quinquagénaire a déjà été poursuivi à deux reprises et condamné à 14 et 10 ans de prison pour des viols, commis en Gironde. Mais, en raison de la concomitance des faits, et en vertu de la confusion des peines, il n'a effectué que dix ans de prison.

Me Sandrine Derisbourg défendait le garçon.© Photo arch. « so »

 

 

À Fumel néanmoins, tout le monde ignorait son passé judiciaire. Si l'accusé ne présente pas les caractéristiques du prédateur sexuel qui repère ses proies, il est en revanche incapable de maîtriser ses pulsions et de résister aux opportunités qui se présentent. Une impardonnable faiblesse aux yeux de l'avocat général, Marie-Françoise d'Esparbès-Serny, qui a requis trente ans de prison.

A 16 heures, les jurés d'assises se retirent pour délibérer. Trois heures plus tard, le verdict tombe : vingt ans de réclusion criminelle et dix ans de suivi sociojudiciaire. Une satisfaction pour Me Derisbourg et Annie Gourgue, la présidente de l'association La Mouette, désignée comme administrateur ad hoc d'Alexandre.

(1) Le prénom a été changé.

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